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Mots de Salutation - Arip Romandie

Le respect : un droit qui devrait aller de soi!

Il y a des causes qu’on aurait espéré n’avoir jamais à défendre ! Et pourtant, au 21e siècle, il est toujours aussi nécessaire de lutter contre la violence, et particulièrement les agressions de nature sexuelle et les atteintes à l’intégrité psychique des femmes et des enfants.

Le respect devrait aller de soi entre tous les humains. Il est loin d’en aller ainsi, malheureusement. Il n’est pas facile de changer le monde. Mais nous pouvons au moins néanmoins agir et surtout prévenir plutôt que guérir.

Nous vivons dans un monde où tout est communication, information et désinformation. Les images et les mots, savamment répétés, diffusés, médiatisés, exercent une influence non négligeable sur les comportements.

Je suis particulièrement motivée pour soutenir cette campagne consacrée au respect. Elle vise à donner des jeunes filles et des femmes une image digne et forte. Elle parle de responsabilité et de courage civil. Elle engage à la réflexion et à la prise de conscience.

Nous ne lutterons pas contre la violence en jouant sur le misérabilisme. Le respect ne naît pas de la pitié mais de la reconnaissance de l’autre comme son égal.

C’est pourquoi, tout ce qui pourra être fait pour montrer les jeunes filles et les femmes comme des citoyennes solides et courageuses, capables de s’imposer comme de se défendre, contribuera à développer cette notion de respect mutuel.

La parole est une force, en politique comme dans la vie quotidienne. Il faut la prendre pour se faire entendre. Cette campagne donne la parole à celles qui, loin d’être des victimes, entendent se faire respecter. Il est bon de les soutenir!

 

Martine Brunschwig Graf, Conseillère nationale

Rendons aux femmes une image digne!

C’est avec conviction que je soutiens cette campagne, car elle cherche à changer l’image des femmes : l’image que les hommes ont des femmes et, surtout, l’image que les femmes ont d’elles-mêmes. Or, la violence envers les femmes, et la violence sexuelle en particulier, découle d’images stéréotypées, que nous sommes dressé-e-s à absorber dès l’enfance. A l’homme de prouver sa virilité dans l’agressivité, face à une femme-objet, objet de ses pulsions sexuelles ou de ses besoins domestiques : et oui, nous en sommes encore là !

Il n’est qu’à voir la manière dont les médias ont relaté les récents faits divers concernant des violences sexuelles entre mineur-e-s : il a été beaucoup question des violeurs -de l’absence de leurs parents, de la mollesse du droit pénal à leur encontre-, mais très peu question des victimes. Objet un jour, objet toujours ! Or, les filles et les femmes doivent apprendre à se sentir sujets et dignes de respect, afin de restaurer le pont qui les relie aux hommes, et que nous puissions, hommes et femmes, redécouvrir notre commune humanité.


Notre société, pour se prétendre libre et moderne, doit substituer aux clichés la liberté de choix pour toutes et tous et un nouveau dialogue, plus sain, entre les femmes et les hommes. Une gageure que cette campagne contribue à relever, en rendant aux femmes soi-disant transparentes une image digne et, par là-même, le courage de devenir qui elles sont.

 

Maria Roth-Bernasconi, Conseillère nationale, Co-présidente des Femmes socialistes suisses

Disposer de son corps, c’est disposer de sa vie!

La prévention des violences sexuelles est une cause majeure. En tant que professionnelle de la santé sexuelle et reproductive, je soutiens pleinement cette campagne. Apprendre aux femmes à se protéger de la violence, promouvoir leur liberté de disposer de leur corps et de leur vie, ce sont des démarches essentielles à la santé des mères, des femmes, des filles. Dans ma pratique de sage-femme, j’ai hélas rencontré des femmes marquées dans leur chair et leur âme par la peur et par la violence.

En tant que politicienne aussi, la défense de celles et ceux dont les droits sont bafoués, et la restauration de leur pleine dignité me tiennent à cœur. Or, les droits des femmes à disposer de leur corps ne sont jamais acquis : témoin, l’initiative populaire qui vient d’être lancée contre le remboursement de l’avortement par l’assurance de base.

Donner aux femmes la confiance et la sécurité dans l’expression de leur identité sexuelle et sexuée : c’est une nécessité, portée par cette campagne, qui rejoint l’objectif de l’IPPF (Fédération internationale pour la planification familiale). Celui d’« un monde où tous, femmes, hommes et jeunes, où qu’ils soient, ont le contrôle de leur corps et donc, de leur destinée ».

 

Liliane Maury Pasquier, Conseillère aux Etats et sage-femme